Contribution de Marc-David

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 Contribution de Marc-David, ancien président de la junior-association “Assemblée Nationale des Jeunes”, à partir des travaux de cette dernière.

L’objectif de notre junior association est de créer une nouvelle institution.  Nous vous expliquerons, dans un premier temps, quelles sont les raisons qui nous poussent à travailler à  la création de cette nouvelle instance de la jeunesse.

L’équipe du projet se compose également de membres du Conseil National de la Vie Lycéenne (CNVL), ce qui nous permet de constater que les instances de la vie lycéenne n’ont pas suffisamment d’importance, d’influence et que leur rôle se résume à quelques réunions dans l’année, sans objectif précis. En effet, les instances de la vie lycéenne, que ce soit le Conseil National de la Vie Lycéenne ou les Conseils Académiques de la Vie Lycéenne sont censés représenter la jeunesse et défendre ses revendications auprès des adultes responsables de leur éducation. Mais en réalité,  les propositions de la jeunesse sont à peine entendues et ne sont pas réellement écoutées.

De cette incapacité à changer l’éducation et réformer les différents domaines qui se rapportent à la jeunesse, il en résulte une jeunesse oubliée, désintéressée, de la vie publique, de la vie associative et de la vie politique. Les membres des instances de la vie lycéenne sont élus au suffrage universel indirect, ce qui ne permet pas, même à ces élus, d’être légitimes à 100 % pour s’exprimer au nom de cette jeunesse, tellement désintéressée que très peu de jeunes votent. La représentation de la jeunesse est actuellement réservée à une sorte d’élite de jeunes déjà engagés politiquement, ayant déjà une opinion politique affirmée alors qu’une très grande partie de la jeunesse ne se sent pas concernée par la politique, par le débat, l’échange autour des domaines qui les concernent. Le problème réside donc dans la capacité qu’a notre système éducatif à combler ce désintérêt et à former, éduquer la jeunesse à ses devoirs de citoyen de demain. En effet, la jeunesse et la génération actuelle qui ne sont pas encore en âge de voter se forgent petit à petit une opinion politique qui l’amènent à faire des choix qui mettent en jeu l’avenir de leur propre pays. Voter est un acte citoyen très important et il est extrêmement important que cette jeunesse soit suffisamment bien éduquée pour éviter qu’elle se désintéresse de la politique ou qu’elle fasse de mauvais choix. Pour voter, il faut avoir une suffisamment grande maturité et une conscience politique suffisamment importante pour aiguiser, chez le jeune, son esprit critique. Et cette maturité s’acquiert par l’expérience et par l’intérêt que l’on a sur la politique. L’autre problème réside sur l’image qu’a la classe politique aujourd’hui, non seulement la jeunesse n’est pas intéressée par la politique, mais elle peut ressentir une certaine forme de dégoût et de répulsion face au comportement de certains hommes politiques.

Cependant, à plusieurs reprises, des jeunes ou des politiques ont tenté de remédier à ce problème. En effet, on note l’existence de quelques alternatives qui permettent à certains jeunes de s’exprimer, de travailler avec les responsables politiques et de leur proposer leur point de vue et leur opinion sur les décisions à prendre. Par exemple, depuis quelques années, nous remarquons la présence de conseils régionaux de jeunes et de conseils municipaux de jeunes qui permettent aux pouvoirs publics de prendre en compte l’avis d’une partie de la jeunesse. Sauf que cette idée ne s’est pas suffisamment généralisée et reste une alternative marginale qui ne permet pas à toute la jeunesse de s’exprimer et de contribuer à l’amélioration de l’éducation, de l’enseignement, de la culture, de la communication, de la santé, de la vie associative et de la démocratie.

C’est pour toutes ces raisons que nous devons trouver, ensemble, une meilleure solution afin que la jeunesse prenne réellement son destin en main car il en est de l’intérêt de tous, que ce soit les jeunes ou toute la nation, puisque les jeunes générations représentent l’avenir de notre pays. Notre interrogation porte également sur le fait que d’autres pays voisins de la France ont déjà mis en place des institutions jeunesse et des instances suffisamment importantes pour représenter l’ensemble de leur jeunesse. Nous allons vous donner quelques exemples d’instances dans des pays étrangers qui ont été créées et qui permettent aux jeunes de s’exprimer librement et en toute indépendance :

Au Québec, depuis les années 1950, un Parlement Jeunesse du Québec (PJQ) a été  créé. Il se réunit tous les ans entre le 26 et le 30 décembre avec une centaine de jeunes ayant entre 18 et 25 ans pour reproduire, le plus fidèlement possible, le travail des parlementaires québécois (députés de l’Assemblée Nationale du Québec). Ces séances plénières se déroulent avec les mêmes circonstances que pour une séance à l’Assemblée Nationale du Québec. C’est une sorte de simulation grandeur nature des débats, des échanges, des discours et des votes qui ont lieu au sein de cette institution.

En Grande Bretagne, a été créé en 1999 un Parlement des Jeunes de Grande Bretagne (UKYP-United Kingdoms Youth Parliament). Cette instance jeunesse réunit, tous les ans, 600 jeunes élus au suffrage universel direct par l’ensemble des jeunes correspondant à la tranche d’âge 11-18 ans. Chaque année,  ces 600 jeunes se rassemblent en séances plénières à la Chambre des Communes pour débattre, échanger, discuter, travailler sur les domaines cités précédemment. Ils organisent même des votes pour que ces jeunes puissent donner leur avis sur les lois britaniques et les réformes du Gouvernement  qui les touchent directement. Lors de ces séances plénières, les jeunes élus font des discours et soumettent des propositions qu’ils auront rédigées grâce à des groupes de travail.

En Ecosse, en même temps que le Parlement des Jeunes de Grande Bretagne (UKYP) a été mis en place une instance jeunesse appelée parlement des jeunes d’Ecosse (SYP-Scottish Youth Parliament) qui rassemble deux cents jeunes ayant entre 14 et 25 ans et élus au suffrage universel direct par l’ensemble de la jeunesse comprise dans cette tranche d’âge. Ces 200 jeunes élus sont répartis entre 10 groupes de travail (commissions) qui élaborent des projets et des propositions au service de la jeunesse et qui concernent les domaines suivants : culture et média, éducation et enseignement, travail et économie, égalité, affaires extérieures, santé, justice et sociale, sports et loisirs, transports et environnement rural.

Ces deux instances ont été mises en place dans le cadre du BYC-British Youth Council,  ce programme et cette innovation en matière de démocratie jeunesse sont devenus un véritable succès puisque, en Ecosse par exemple, 67 011 jeunes ont voté pour élire leurs représentants au Parlement des Jeunes d’Ecosse.

Ce type d’instances peut être présent dans d’autres pays, sous d’autres formes, puisqu’un programme international appelé Parlement des Jeunes existe et gère, organise des parlements jeunesse en Amérique Latine (Argentine, Mexique, Uruguay et Brésil), en Afrique (Côte d’Ivoire) et en Europe (Autriche, Allemagne, Luxembourg, Espagne et Suède). Ce programme consiste à réunir des classes choisies dans différentes écoles pour qu’elles se rendent annuellement au sein de leur Parlement, afin de simuler une vraie séance plénière grandeur nature. Cela rentre dans le cadre des programmes scolaires de ces différents pays.

Cet exemple s’approche d’une initiative qui a été mise en place en France, il s’agit du Parlement des Enfants qui réunit des classes de primaires jusqu’en CM2 choisies par le Ministre de l’Education Nationale.  Mais ce projet s’arrête à l’âge de 13 ans.

En voyant ces différents exemples et en prenant en compte la situation actuelle de notre pays, en termes de démocratie jeunesse et d’éducation civique et citoyenne, nous nous en sommes inspirés pour la création d’une institution jeunesse en France appelée Parlement des Jeunes. En effet, nous avons remarqué que la tranche d’âge 13-21 ans n’était pas réellement représentée par les instances, les institutions déjà en place. Le rôle des instances de la vie lycéenne étant trop limité et la présence des conseils régionaux et conseils municipaux de jeunes trop minoritaires, nous pensons qu’il serait temps, en 2014, qu’une institution jeunesse soit créée afin de donner un encadrement neutre et trans-partisans dans un total respect des valeurs de la République, pour que la jeunesse soit reconnue et participe à l’élaboration des lois qui la concernent.

Ce Parlement des Jeunes serait composée de 577 jeunes élus au suffrage universel direct par l’ensemble de la jeunesse comprise entre 13 et 21 ans. Des élections auront lieu tous les deux ans, puisque le mandat d’un député-jeune dure deux ans. Ces élections se feraient en partenariat avec tous les établissements publics, y compris le privé, si cela est envisageable. Le Parlement  des Jeunes se réunira, deux fois par an, en séance plénière et celles-ci disposeront d’un ordre du jour avec des votes organisés, des travaux et des propositions rédigés par trois commissions parlementaires jeunes. Ces trois commissions parlementaires jeunes correspondent, chacune, à une tranche d’âge : 13-15 ans, 15-18 ans, 18-21 ans. Toutes ces commissions se réuniront régulièrement dans l’année (environ une fois par trimestre, dans l’année scolaire) et chaque député-jeune fera partie de l’une d’elles. Les commissions feront des travaux collectifs afin d’exposer leurs propositions en séance plénière. Ces propositions seront ensuite proposées à l’ensemble de l’Assemblée puis au Gouvernement ou au Parlement pour qu’ils puissent prendre en compte l’opinion de la jeunesse sur les différentes réformes qu’ils comptent entreprendre et qui concernent les jeunes (éducation, enseignement, culture, communication, santé, vie associative, démocratie…), nous pensons, par exemple, à la réforme des rythmes scolaires sur laquelle la jeunesse est en droit, légitimement, de s’exprimer puisqu’elle est la première concernée. Les séances pourront durer plusieurs jours et seront suivies d’un rapport pour vérifier le travail accompli. Ce parlement proposera des textes, des mesures, des modifications ou des amendements pour améliorer les lois et les réformes.

Le Parlement des Jeunes pourra donc participer à l’élaboration des lois et pourra donner son avis sur les réformes du Gouvernement et du Parlement grâce à des votes. Cette instance sera une véritable force de proposition de la jeunesse pour améliorer son propre destin et celui des futures générations. L’institution pourra être saisie par le Gouvernement ou par le Parlement sur des questions relatives aux domaines énoncés. Il est donc important que ces députés jeunes travaillent, en étroite collaboration, avec les députés, les sénateurs et le Gouvernement. Bien que ce Parlement participera à l’élaboration des lois et des réformes de notre pays, elle ne pourra qu’être consultative, mais son avis sera pris en compte et son pouvoir mineur sera compensé par sa volonté et sa force de proposition.

Pour que cette institution voit le jour, l’initiative que nous portons devra faire l’objet d’un texte de loi qui lui donnera tout son rôle, sa légitimité et la rendra officielle. C’est pour cela que nous avons besoin de l’aide du Gouvernement et des parlementaires pour la mettre en place. Nous avons besoin de votre soutien qui est vital pour le projet. Nous nous sommes constitués, en tant que junior association, pour que notre démarche soit officielle, crédible et prise en compte par l’ensemble de la classe politique et de la jeunesse.

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