Frustrée, la jeunesse française ?

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Aujourd’hui est paru un article dans le Monde concernant la jeunesse française. Il fait le bilan de l’enquête “Génération Quoi ?”, menée il y a quelques mois et concernant les jeunes de 18-34 ans. Si tous les jeunes que nous souhaitons impliquer dans notre projet ne sont pas concernés par cette enquête, nous pensons quand même pouvoir y répondre .

 

Frustrée, la jeunesse française ? Le constat est implacable, les jeunes sont actuellement des oubliés de nos sociétés modernes, où leur voix est reléguée au second rang du  processus démocratique. Certes il existe des outils visant à les impliquer plus dans la gestion collective de la France, mais ceux-ci sont extrêmement limités et parfois même de simples outils d’une “démocratie de façade”. Pourtant ce ne sont pas les jeunes qui se désintéressent de la politique au sens large, c’est-à-dire par l’organisation de la communauté, mais bien la politique qui se désintéresse d’eux.

Nous estimons que cette réalité d’une jeunesse pleinement impliquée dans la vie associative et collective ne doit pas rester au stade de projet utopique, mais qu’elle doit devenir effective. Nous estimons que cette autre réalité, d’une politique aujourd’hui désintéressée de la jeunesse, doit être dépassée. C’est pour cela que nous voulons un Parlement des Jeunes.

Tout d’abord, la jeunesse a  un compréhensible besoin de reconnaissance. Oui, nous ne voulons pas être des sous-fifres et surtout nous ne voulons pas d’une société bloquée, qui brimerait une jeunesse pourtant riche d’idées. Des idées qui, d’ailleurs, sont déjà les idées de demain. Trop de normes, trop de cadres décidés par des hommes et des femmes de pouvoir éloignés des préoccupations qu’ils ont pu ressentir dans leur propre jeunesse, éloignés de préoccupations nouvelles qui sont nôtres mais qu’ils ne comprennent pas, ne favorisent pas  l’expression de notre diversité. Dans notre société élitiste où beaucoup trop de monde est oublié, nous devons tout faire pour que toutes ces personnes, comme la jeunesse, retrouve leur place légitime. Pour cela, nous voulons donner une voix à la jeunesse. Une voix légitime et entendue, une voix forte et portée par les jeunes pour pouvoir construire un meilleur lendemain, une voix que chaque jeune devrait pouvoir s’approprier au sein de cette richesse qu’est la jeunesse. Pour que les jeunes ne “subissent” plus, c’est dans la mise en commun des forces et des personnalités individuelles que se trouve les solutions. C’est ce que nous permettrait le Parlement des Jeunes.

46% des participants au sondage n’ont pas confiance dans les femmes et hommes politiques. Nous les comprenons. Oui les femmes et hommes politiques actuels ne répondent plus aux problématiques de la jeunesse, en plus des problèmes qui sont le lot commun de chaque citoyen. Pourtant, rien de cela n’est une fatalité. Nous pensons au contraire qu’il est encore temps de reprendre, ensemble, le cours de nos vies et de la vie de notre pays. Par les actions locales, qui peuvent être de véritables forces de changement, oui. Mais nous voulons plus et notre demande est une nécessité. Il faut enfin une néo-politique, qui soit plus participative, plus collaborative aussi. Une néo-politique qui permettrait plus d’écoute, d’entraide et de dialogue. Si les politiques peuvent paraître “tous corrompus” pour 50% des 18-25 ans, nous pensons que la vérité est plus complexe. Certes, certains politiques sont corrompus par le pouvoir, par le carriérisme et l’opportunisme, mais d’autres ne sont que les rouages d’un système institutionnel qui ne leur permet pas d’être vraiment entendus, comme la jeunesse est part d’un système qui ne lui permet pas d’être entendue et reconnue. Pour autant, nous osons espérer que la démocratie n’est pas morte, nous osons même l’affirmer. Et, c’est par la voie politique que nous trouverons les meilleures solutions pour la jeunesse. Mais pour cela, il lui faut une véritable instance qui lui donne la reconnaissance dont elle manque cruellement, un Parlement des Jeunes.

Enfin, les jeunes se sentent méprisés. Là aussi il s’agit d’une réalité complexe  mais malheureusement effective, et à laquelle nous devons faire face. De tout temps la jeunesse fut déconsidérée par les adultes et notre monde actuel le montre aussi. Pour autant, nombre d’adultes croient encore en la jeunesse, y placent tous leurs espoirs, et nous devons nous appuyer avant tout sur cette confiance et cet espoir qui nous sont donnés. Croire et avancer  avec la jeunesse est aussi une nécessité au sein d’une démocratie qui se veut saine, car la jeunesse forme les esprits de demain. Elle est celle qui peut bâtir demain, qui peut construire un monde à la mesure de ses attentes, de ses ambitions, et des urgences sociales et écologiques auxquelles nous faisons face. Mais pour cela, il faut lui en donner les moyens.

Aux femmes et hommes politiques, aux adultes qui nous lisent, aux jeunes, voici notre réaction à cet article du Monde, et aux divers éléments cruciaux qu’il soulève. Pour que la jeunesse devienne un véritable acteur de sa propre vie et de la France, nous voulons un Parlement des Jeunes. Un Parlement qui serait à la fois un outil d’écoute et le mégaphone d’une jeunesse pour l’instant trop souvent mise en silence, alors qu’elle n’est pas muette.

La jeunesse n’est pas rien, elle est citoyenne en devenir et fait partie d’un tout qui se nomme Société.

La jeunesse est à l’aube d’un changement. Changement qu’elle fera sien.

 

 

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Showing 11 comments

  • Beehlb
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    Quand je vois les résultats, je me demande surtout ce qu’on attend pour descendre dans les rues !!! Jeunesse – lève toi !

    • Gael Troussier
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      Ah oui, on ne peut pas oublier les belles paroles de Saez :)! Pourtant, je pense à titre personnel que la meilleure solution que nous puissions trouver dans un premier temps, c’est d’essayer de faire porter la voix de ceux qui ne sont pas entendus, pour qu’enfin ils soient véritablement écoutés ! Pour cela nous avons ce formidable outil, altéré mais encore existant, qu’est la démocratie! Nous devons l’utiliser, pour l’améliorer, car nous en avons les moyens! Descendre dans la rue ? Essayons d’autres solutions avant ! Tout n’est pas perdu, gardons encore espoir !

      • Beehlb
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        mon commentaire était peut-être pas approprié a l’endroit..

  • Loukian Jacquet
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    Bel article ! Bravo, vivement un signal en faveur de la jeunesse … Pourquoi pas le PDJ ?

  • Buisson Thomas
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    Nous devons changer cela avec le PDJ. C’est seulement tous ensemble qu’on pourra changer les résultats de cet article du Monde.

  • Marc-David EMONT
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    J’ajouterai que fasse à la montée en puissance des extrêmes et du FN, alors que la France subit non seulement une crise économique mais également une crise politique et sociale, presque une crise de régime, il est vital pour notre pays que la jeunesse possède enfin cette maturité et cette conscience politique qui lui permettra de faire les bons choix de demain, sans cette maturité et conscience politique, la jeunesse tombe tombe dans les chimères et les pièges des extrêmes et du FN qui promettent tout et n’importe quoi. De plus, le taux d’abstention est immense chez les jeunes qui sont en mesure de voter. Pour avoir cette maturité que l’on est sensé avoir à 18 ans, il faut une réelle éducation et formation à nos devoirs de citoyens de demain pour prendre enfin conscience de l’immense enjeux qu’est l’avenir. La jeunesse doit prendre son propre Destin en mains et celui de la France par la même occasion. Si notre voix n’est pas suffisamment écoutée et que cette initiative est mise de côté par nos responsables politiques, nous devront manifester notre colère et notre désir de changement dans la rue pour faire une démonstration de force pacifique.

  • Alexandre Le Pape-Gardeux
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    Un très bel article qui résume bien ma propre vision de la jeunesse. Aujourd’hui, beaucoup on perdu l’espoir d’un réel changement par la politique et la démocratie. Nous devons le redonner, et seul la jeunesse peut bâtir une vraie néo-politique. Il est temps de rentrer pleinement dans le XXIème siècle qui doit être celui de la réconciliation entre la jeunesse et ses ainées pour créer mutuellement une société meilleure et une démocratie durable.

  • Florian
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    Bonjour !
    Je viens de lire ton papier et j’aimerais faire quelques remarques.
    Tout d’abord, bravo pour l’écriture de l’article. J’imagine que tu as du y consacrer pas mal de temps. Je l’ai trouvé aussi bien rédigé sur la forme.
    Néanmoins c’est sur le fond que je vais émettre mes réserves. Même si tu le fais remarquer au début, je trouve que tirer des grands enseignements pour le PDJ d’un tel sondage n’est pas pertinent. Premièrement, la tranche d’âge concernée n’est pas du tout la même. Vous préconisez dans une grande fourchette de 11 à 25 ans pour siéger au PDJ (je sais que rien n’est décidé mais dans toutes vos propositions 25 ans est la limite la plus âgée). Or « les jeunes » de cette enquête ont de 18 à 34 ans ! La différence est énorme quand même. Avoir 16 ans ou 27 est totalement différent, rien que pour la responsabilité et la vie quotidienne (loyer…). Le choix des âges de l’étude qui est parue est intéressant, peut-être faudrait-il rehausser vos plages de participations (des 11-15 ans s’exprimant sur la politique du pays ?). De plus, le « sondage » comme tu le dis une fois n’a rien de scientifique : malgré le grand nombre de participants, l’enquête est donnée sur un site internet, sans filtrage d’après l’article de Le Monde. Tu devrais donc bien dire « enquête », et penser à la relativiser, car rien de garanti la fiabilité de l’enquête !
    D’une manière globale, je trouve ton article flou, évasif, parfois même teint d’un utopisme béat. De quels outils parles-tu dans le deuxième paragraphe ? Les élections des délégués de classes ? Les « conseils municipaux des jeunes » dans certaines mairies ? Ta critique de démocratie de façade n’a alors pas de sens. « Dans notre société élitiste » on dirait un jeune qui a bien appris le « par cœur » des médias. Enfin (même si je pourrais encore t’en citer d’autres) qu’est-ce que la néo-politique ? Tu la définis en disant « il faudrait qu’elle soit comme si, ou comme ça ». Mais encore une fois, rien de concret…
    D’autres citations que je trouve vraiment tiré par les cheveux : « cette richesse qu’est la jeunesse », « nombre d’adultes croient encore en la jeunesse […] cette confiance et cet espoir qui nous sont donnés ». Le qualificatif qui me vient à l’esprit est « mignon ». Mais ça ne vaut pas plus qu’une phrase d’un politique (choisi celui que tu veux) qui dirait « mon programme va permettre la croissance et le plein emploi ». C’est beau, mais ça n’engage à rien…
    Enfin, une dernière remarque : d’autres aspects de l’enquête (en tout cas de ce qu’en ressort le Monde) aurait pu ressortir davantage, par exemple le fait que la jeunesse soit plus avertie et débrouillarde que ces aînés du à la crise : « une génération consciente, lucide, désillusionnée » pour Van de Velde, « frustrée de ne pas pouvoir faire ses preuves. Mais là encore, cela concerne essentiellement les +de 20 ans, car confrontés aux chômages, donc pas votre tranche d’âge… on revient au problème de fond.
    Peux-tu m’apporter des éclaircissements sur ces points ?
    Merci d’avance.

    • Gael Troussier
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      Merci pour ton commentaire, qui me permet de préciser certains points et désolé de te répondre ici si tard, néanmoins nous avons heureusement déjà pu en discuter ensemble toi et moi.

      Certes la tranche d’âge est différente, et je l’ai bien noté en écrivant mon article, et si la différence est en effet énorme (rapport à la vie différent, existence différente, objectifs et projets différents, …) il ne faut pas la négliger puisqu’elle annonce peut-être déjà demain. Même les 18-34 ans sont une partie de la jeunesse concernée par le projet et cette enquête montre quelques symptômes (désintérêt face à la politique, …) que l’on retrouve chez des plus jeunes. Oui je n’ai peut-être pas assez nuancé mon propos, néanmoins je ne remets pas en doute la fiabilité de cette enquête à laquelle j’ai pu d’ailleurs moi-même participer.

      Mon utopisme est réel. Je crois, j’ai des idéaux, parce que ne pas en avoir c’est déjà s’avouer vaincu. Oui je parais parfois utopique, mais c’est parce que ces mots me viennent du fond du cœur. Quand je parle d'”outils”, je fais une référence directe aux instances de la vie lycéenne qui, sous couvert de permettre l’expression des lycéens dans leur établissement et même à l’échelon académique et national, ne leur permet pas une véritable écoute. Je pourrais développer plus longuement sur le CNVL, une instance simplement consultative et où peu de libertés sont laissées aux élus par exemple, mais ça n’est pas là le sujet. Il n’y a pas de “par cœur” au sens où tu l’emploies quand je parle de ces réalités concrètes. Oui, aujourd’hui je considère que notre société est construite et entretenue par une élite, une élite qui va favoriser d’autres élites. Si je prends par exemple les chiffres concernant les catégories socio-professionnelles des députés en 2012, 82% sont des cadres ou des personnes issues de professions intellectuelles supérieures quand ils ne représentent que 9,6% de l’ensemble des CSP la même année. Concernant la néo-politique, ce n’est pour l’instant qu’un mot, mais pas un vain mot. C’est un projet, qui considère que la politique actuelle est à bout de souffle et n’est plus capable de rien ou presque. Prenant acte de ces réalités, nous voulons une néo-politique qui soit, et malheureusement le mot est aujourd’hui devenu bien fade, un véritable changement.

      De belles phrases peut-être, encore une fois de véritables réalités. Oui la jeunesse est riche, parce qu’elle est pleine de ressources : la jeunesse c’est la force d’action et de pensée pour l’avenir, si on la laisse s’exprimer. Oui beaucoup d’adultes croient encore en la jeunesse, parce qu’ils n’ont pas oublié qu’eux aussi ont été jeunes et parce qu’ils savent que se tourner vers nous c’est se tourner vers demain. Oui, on nous fait confiance et on a espoir en nous, parce que certains espèrent que nous ne ferons pas les mêmes erreurs qu’eux. Alors de belles paroles, encore peut-être, mais surtout un sincère projet.

      J’ai choisi de me concentrer sur quelques aspects et certains sont passé en effet à la trappe, pas par désir de dramatisation en tout cas, sois en convaincu.

      En espérant avoir pu apporter quelques précisions à tes interrogations.

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